Kabylie Djurdjura

Articles récents

La brucellose au Djurdjura

12 Juillet 2014 , Rédigé par Med Tabèche Publié dans #Faune et flore

La nature est belle, très belle, mais fragile, elle a mis beaucoup de temps à s’équilibrer et se présenter à nous ainsi, dès que nous intervenons dans les éléments qui la composent, ce sont souvent des échecs et des catastrophes.

La brucellose est une maladie contagieuse des animaux d’élevage due aux bactéries du Brucella, qui touche les bovins, les ovins, les caprins, les équidés, les camélidés et les chiens. Pour ces animaux domestiques, la maladie ne présente que peu de signes, comme la diminution de la production de lait, les avortements et baisse de la reproduction. Des campagnes de dépistage sont  réalisées périodiquement, comme l’annoncent les affiches dans les villages. Les conséquences de cette maladie sont parfois dévastatrices. Elle est aussi transmissible à l’homme par le lait, les déjections et contacts des animaux atteints, dans le cas d’infection de l’homme, la maladie doit être traitée et déclarer obligatoirement. Donc les précautions à prendre sont: faites bouillir votre lait avant de le consommer. 

C’est aussi une maladie importante pour les animaux sauvages, touchant le sanglier le singe le chacal, les rongeurs, etc. Je me souviens, fin des années 50 et début des années 60, que le plus grand animal sauvage présent en Kabylie, le sanglier, proliférait dans les champs désertés. A des périodes différentes, une maladie étrange survenait et les tuait par centaines. La nature possède son processus de régulation de ses espèces mais aujourd’hui, on introduit de nouvelles, on les tue, on détruit leurs habitats, on joue aux apprentis sorciers, et la brucellose fait partie de ces agressions, pour apparaitre dans un endroit où elle ne devrait pas. Les incompétences, imprudences et les erreurs, ont encore de beaux jours devant elles, qui risquent un jour de tout détruire. 

 

 

 

 

La cerise en Kabylie

11 Juillet 2014 , Rédigé par Med Tabèche

La cerise en Kabylie
La cerise en Kabylie
La cerise en Kabylie
La cerise en Kabylie
La cerise en Kabylie
La cerise en Kabylie
La cerise en Kabylie
La cerise en Kabylie
La cerise en Kabylie

La toponymie ou le GPS de l’histoire

18 Juin 2014 , Rédigé par Kamel At Lhadj

«Tout ce qui est vraiment grand et inspiré n'a été réalisé que par des individus travaillant librement». Albert Einstein

Que vous évoque Haï El Yasmine et la cité des 720 logements ? Deux lieux d’habitation bien de chez nous et une perception de la géographie socio-culturelle du pays complètement différents voire antagonistes.

L’esprit s’emballe tout de go pour le premier et s’imagine dans une résidence fleurie, aux allées ombragées et à la propreté immaculée, de l’espace pour les jeux des enfants et de détente pour les vieux, des apparts modernes et fonctionnels. D’ailleurs, le marketing immobilier l’a bien compris : les nouvelles résidences clôturées étrennent des noms évocateurs de suaves effluves de calme et de bien-être. Et fait même oublier le prix majestueusement astronomique du m2. La sérénité, qui rime avec sécurité, se paye de nos jours, semble-t-il, au prorata de l’espace vital.

A l’évocation de la cité des … logements, notre imagination se tasse immédiatement entre des rues sombres et étroites, des habitations lézardées, un vis-à-vis lorgnant sur votre chambre, une foule de résidants bigarrée, des bennes à ordure débordant de jour comme de nuit, des terrains vagues, un ciel poussiéreux et des sachets éventrés. Cadre « idyllique » pour le no man’s land.

Notre imagination peut certes nous jouer des tours et nous faire voir du beau là où il y’en a pas. Mais comme une lapalissade, elle est souvent copie conforme de la triste réalité. Certes, il ne suffit pas d’une jolie appellation pour que tout devienne floraison de couleurs à la Baya. Mais peut-être qu’à force, le qualificatif parviendra à suivre son adjectif.

On a même vu des cités d’habitations baptisées du nom de l’entreprise qui les a construites avant que, mémoire collective oblige, il ne soit repris officiellement par l’administration cadastrale. D’ailleurs, dans les années 90, à la faveur de l’ouverture des lignes de bus privés, les jeunes de l’Ansej ont inventé une véritable cartographie des arrêts. A la carte, selon les demandes de leurs passagers. C’est ainsi qu’il y a eu l’arrêt El hanout, l’arrêt el virage, l’arrêt Echadjra, ezzitouna, etc. Des lieux-dits improvisés qui ont permis de désenclaver des quartiers entiers. C’est dire que l’expression populaire se nourrit du vécu et s’impose dans la réalité. Un moment de gloire arraché aux méandres de l’administration.

Dans de nombreux pays, la toponymie fait l’objet de recherches linguistiques et sociologiques poussées. La toponymie étant, au-delà de l’aspect préservation du patrimoine, aussi une question de souveraineté. Elle est la marque indélébile de l’histoire d’un pays et de sa personnalité.

Le défunt Mostafa Lacheraf, avait consacré une bonne partie de sa vie pour nous léguer dans son ouvrage « Des noms et des lieux », tout ce qu’il y avait à savoir sur la toponymie de notre pays. Car le territoire est le cahier de l’histoire où les hommes écrivent leur vie, leurs croyances, leurs mythes et leurs rêves d’immortalité.

Si la mémoire humaine ne nommait pas les lieux, on serait obligés à chaque fois de donner des caractéristiques pour le reconnaître. C’est pourtant souvent ce qui se passe quand on doit indiquer le lieu d’un un rendez-vous : au lieu du nom de la rue, on donne des repères architecturaux incontournables comme la Grande Poste, la mosquée de la ville, la mairie.

Et heureusement que le téléphone mobile existe désormais. Car sinon pas grand-chose d’autre en termes de toponymie n’a évolué depuis longtemps si ce n’est par intermittence et au gré de volontés personnelles comme la débaptisation-rebaptisation numérique de l’Université d’Alger, qui reste cependant, pour tous, la Fac centrale. Et comme la nature, même désertique, a horreur du vide... la source de richesse linguistique a tendance à se tarir.

Science du langage par excellence, la toponymie a pour but de fournir des points de repère pour localiser des lieux et les mémoriser. Et c’est bien là que tout se complique. La mémoire ancestrale n’ayant pas trop intéressée le pouvoir, le GPS ne peut entrer en jeu chez nous...

Kamel At Lhadj

La toponymie ou le GPS de l’histoire
La toponymie ou le GPS de l’histoireLa toponymie ou le GPS de l’histoire

Poèmes du Djurdjura

14 Juin 2014 , Rédigé par Med Tabèche

KABYLIE

Je t'aimais, Kabylie, avec tes hautes cimes,

Tes rochers suspendus au-dessus des abîmes,

Tes forêts, tes ravins et tes âpres sentiers

Bordés de chênes verts, de frênes, d'oliviers.

 

Là, sur le roc pointu, défiant la tempête,

Les cèdres vigoureux lèvent bien haut la tête,

Et leurs vieux troncs battus par la foudre, les vents,

Résistent néanmoins depuis plus de mille ans.

 

Là, dans les trous profonds de la roche élevée,

Les aigles, les vautours élèvent leur couvée ;

Et les singes aussi, quand arrive l'hiver,

Comme de vieux rentiers vont s'y mettre à couvert,

 

Sur le bord des ravins creusés par l'avalanche,

Le tronc déraciné sur l'abîme se penche,

Tandis que remplissant la forêt de son bruit

Le torrent roule et gronde et le jour et la nuit.

 

J'aimais de Tirourda la haute et rude pente,

Ses gorges, ses tunnels, sa route qui serpente,

Ses énormes rochers croulant avec fracas,

Rencontrant d'autres blocs et volant en éclats.

 

Quand le soleil brillait dans le ciel sans nuages,

Quel effet merveilleux faisaient tous ces villages

Qui sur le haut des monts solidement assis,

Comme des châteaux-forts dominaient le pays...

 

Sous son vaste manteau de neige et de verdure,

Avec l'horizon bleu lui servant de ceinture,

La Grande Kabylie incontestablement

Est un âpre pays... mais un pays charmant.

J. DUBAND (février 1953)

 

Mon Pays

 

Sous le soleil azuré le Djurdjura se dresse

Et son ombre s’étend sur le pays Kabyle.

La brise du matin comme une fée caresse

Les vergers des coteaux et la plaine fertile

 

Mon pays bien-aimé chante dans l’allégresse

Ses oliviers noueux et ses figuiers graciles

Sur la crête des monts se déroule la tresse

Des villages coquets avec leurs toits de tuiles.

 

Tout le monde connaît les belles qualités

Du paysan tenace, de l’artisan habile

Vivant dans la vertu de la simplicité.

 

Dans la paix, le bonheur et la prospérité

Tu vivras, c’est le vœu de tes fils en exil

O terre des aïeux où nos cœurs sont restés

 

Hocine Benhamza (juin 1954)

 

 

Poèmes du Djurdjura
Poèmes du Djurdjura

Yemma Xliğa

 

Ttxilwat a ssyadi lεulama
Tawim abrid mi tessnem,
Eğet Rebbi di ccɣel-is
Ad yeg yes-s yesteḥsen
Netta d aḥnin d rraḥim
Lḥila yexzen yessen,

 

Yentaq Γars yiwen

Ayemma Xliğa Tukrift
Nusa-d anzur ar  ɣur-m
Si lebaid i d nebda asurif

D ṭṭelba seg ygawawen

Γas ḥesbaɣ seg warraw-im
Akniwen ad teẓluḍ yiwen

 

Terra-asen-d

 

A Rebbi efk-d ameččim
A d iɣelli d alawen

Ad tergel tizi n Kwilal
D itsaken igawawen
Tamussni-nsen d aɣilif
Lemḥibba-nsen d asawen
Ma tebbim-d azal n sin
Ekert ad tezlum yiwen

Ath Yenni ou Beni-Yenni ?

29 Mai 2014 , Rédigé par Med Tabèche Publié dans #Mon village

Ath Yenni ou Beni-Yenni ? Beni-Yenni, est le nom officiel de la commune d’Ath Yenni (et de la daïra), adopté et largement usité avec d’autres noms de lieux et de patronymes, parfois fantaisistes, que l’administration français nous a collés de force. Si pour les noms de familles on ne peut pas faire grand-chose pour revenir aux noms anciens, ce qui serait problématique et compliqué, il est cependant possible et très important de corriger les noms de villes, de villages, de régions, de lieux, de sources etc. Les Ath Yenni ont délibérés pour récupérer leur nom, ils attendent toujours… http://youtu.be/WxGp292TNyk

Ath Yenni ou Beni-Yenni ?
Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.   Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle »  1933.

Photographies fin des années vingt, début des années trente mises à la disposition par El Mahiout Redjah pour le livre « Au cœur du pays kabyle » 1933.

CSMB Club de Spéléologie et Sports de Montagne de Béjaïa

3 Mai 2014 , Rédigé par Med Tabèche Publié dans #photos

Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil

Le spéléologues de Béjaia s'attaquent à l'impressionnant gouffre du Boussouil

Week end au Djurdjura

3 Mai 2014 , Rédigé par Med Tabèche Publié dans #Photos

Du 1 er au 03 mai des spéléologues et des randonneurs d'Algérie, ont décidé de se réapproprier le Djurdjura.

Week end au Djurdjura Week end au Djurdjura Week end au Djurdjura Week end au Djurdjura Week end au Djurdjura Week end au Djurdjura Week end au Djurdjura Week end au Djurdjura Week end au Djurdjura Week end au Djurdjura Week end au Djurdjura Week end au Djurdjura Week end au Djurdjura

Baptême de l'air au Djurdjura

23 Avril 2014 , Rédigé par Med Tabèche

Le Parapente est une discipline sportive qui consiste à s’élancé d’un endroit élevé (versant montagneux, du sommet d'une falaise par exemple) accroché à une toile résistante en forme d’aile, gonflée par le vent, permet de voler dans les aires et monter plus haut dans le ciel grâce aux courants chauds. ...

Baptême de l'air au DjurdjuraBaptême de l'air au DjurdjuraBaptême de l'air au DjurdjuraBaptême de l'air au DjurdjuraBaptême de l'air au DjurdjuraBaptême de l'air au DjurdjuraBaptême de l'air au Djurdjura

Aït Abdellali‎

9 Mars 2014 , Rédigé par Med Tabèche

En allant visiter une grotte en montagne pas très loin d'un village, on a rencontré un monsieur, la cinquantaine passée, en amont du village à proximité de la grotte, venu faire du sport, nous dit-il. Nous avons parlé ensemble de beaucoup de choses, puis nous nous sommes dit au revoir, lui montait pour plus haut faire son footing, nous descendons pour le retour.

En traversant son village pour retrouver notre voiture, une demoiselle nous interpelle de son balcon. - Messieurs s'il vous plait, la personne que vous avez rencontré en haut, mon père, vous demande si vous pouvez l'attendre un instant ? Quelque temps après, le monsieur arrive, nous salut de nouveau et rentre à la maison sans nous dire autre chose, quelques minutes après, il réapparaît avec un petit sachet qu'il nous remet, avec ce casse-croûte à l’intérieur, (voir la photo) . Ce geste nous a surpris et émue, ce "bout de pain" était pour nous comme un grand festin, comme dit Georges Brassens dans, chanson pour l'auvergnat, ou encore, celle de Cherif Kheddam, "Mazal irgazen e lhalli". Le village s'appelle d'ailleurs : "At Abed Lalli" Aït Abdellali, commune Aït Boumehdi, juste sous "Talettat" Main du juif.

 

Hommage aux militantes et écrivaines amazighes

6 Mars 2014 , Rédigé par Smaïl Medjeber Publié dans #Hommages

8 mars, Journée Internationale de la Femme : Hommage aux femmes qui se sont consacrées à l’écriture et à la sauvegarde de notre langue amazighe.

Par Smaïl Medjeber

La femme est omniprésente dans la revue Abc Amazigh que je publiais en Algérie de 1996 à 2001. C’est l’une des preuves que la femme amazighe, aussi bien que l’homme amazigh, a bien entendu et compris le message de notre Grand Maître Mouloud Mammeri : « Nous avons défriché le terrain, à présent, c’est aux autres de continuer.» En nous rappelant aussi : « Il était temps de happer les dernières voix, avant que la mort ne les happe ».

La nouvelle génération féminine – à qui je dédie cet hommage – se consacre honorablement quoique difficilement, à prendre cette mission en mains : mettre notre langue noir sur blanc. Plusieurs auteures procèdent à la collecte, à l’écriture, à la sauvegarde de notre patrimoine culturelle, à la transmission aux générations futures, de nos contes, poèmes, proverbes et autres traditions ancestrales. Remplaçant ainsi la tradition orale de nos grands-mères, mères et sœurs. Survie donc et modernité de notre langue obligent. Avec même des risques et sacrifices, comme l’exemple d’une jeune auteure qui avait vendu ses bijoux prévus pour son mariage, pour payer les frais d’édition de son ouvrage. Et ce, à l’insu de ses parents.

Certaines ont même accepté que leurs beaux visages illustrent les pages « unes » de couvertures mais aussi sur les pages d’intérieur, de cette modeste revue. Une première, sans doute, dans ce genre de publication. Et ce, malgré quelques aléas, notamment : une grave menace de représailles de la part de l’un des proches de l’une de ces figures, menace qu’il regrettera et dont il s’excusera. Sans oublier, le courage d’une Grande Dame, une poétesse, qui m’affirma : « Publie mon poème avec ma photo. Et si mon mari voudrait me répudier, pour cela, qu’il le fasse ! Je m’en fous. »
Quelques femmes ont donc eu le courage d’entraver à ce tabou.
Certains libraires boycotteront la mise en vente de ma revue pour le même motif, c’est-à-dire la parution de visages de femmes sur les « unes » de couvertures. Entre autres aberrations, au mépris de la culture en général et de la culture amazighe, particulièrement visée.

Je citerais, pour ce présent hommage, brièvement, quelques exemples d’auteures, d’enseignantes, dévouées à la cause amazighe, ayant acceptées de paraître à visage découvert sur les « unes » de couvertures ou dans les pages d’intérieures.

Sur le numéro 21, on voit deux visages de femmes : l’image d’une Grande Dame lançant des youyous, et, dans le médaillon, celui de Hamida Bessalah, illustrant la cérémonie de la soutenance de sa thèse de journalisme dont le thème portait sur le parcours d’un combattant de la cause amazighe, le défunt grand militant, Mohand Arab Bessaoud. Thèse, par ailleurs, soutenue avec succès le 8 octobre 1998 à l’Institut des Sciences de l’Information et de la Communication à Ben Aknoun, près d’Alger.

Sur le numéro 29, on revoit le beau visage de la défunte Nadia Nat Lmouhoub. Nadia nous racontait, dans ce numéro, un conte : Tafunast igujilen (La vache des orphelins). Comme c’est écrit sur la « une », elle mérite nos remerciements, notre hommage. Nadia, emportée malheureusement par une maladie, nous a quittés très tôt. Mais son beau visage est toujours là, vivant, immortalisé par Abc Amazigh. De même que ses écrits.

Dans le numéro 31, avec son beau visage en pleine page sur la « une », Rachida Fitas, meilleure élève, en plus, de la langue amazighe, issue de la « Promotion Mouloud Feraoun », abordera un sujet tabou : « Peut-on et comment aimer en amazigh ?
La langue amazighe est frappée d’exclusion sur le champ sentimental. L’amour constitue un tabou ancestral. Ce qui engendre un désert culturel. Les amazighophones font pratiquement usage de la langue étrangère, française et arabe et parfois même de l’anglaise pour exprimer leur passion, leurs sentiments… » Elle nous présentera aussi un beau roman d’amour écrit en amazigh par Belaïd Hamdani, ouvrage qui venait opportunément de paraître, sous le titre : Nek akw d Kem – Kem akw d Nek (Moi et Toi, Toi et Moi).

Une autre auteure, Titem, dans ce même numéro, nous fera une révélation sur le thème de la poésie sentimentale amazighe et comment peut-on prononcer l’imprononçable :
« Dans une communauté où le pouvoir des valeurs masculines domine, les créations poétiques féminines sont frappées de tabou, marginalisées, reléguées dans un espace clos réservé aux femmes. Cependant, il n’est pas exclu que les hommes les apprécient, les écoutent et les admirent en cachette… »

Une enseignante de la langue amazighe, Warda Aïnouz, ne serait-ce que par son regard, un peu triste, fixé sur la « une » du numéro 33, nous fera part, de son expérience – très, très difficile. Elle nous parlera des problèmes qu’elle avait rencontrés de la part de l’administration scolaire, de ses collègues mais aussi des élèves, au sein d’un collège de Tizi-Ouzou. En voici un extrait :
« Les élèves m’accueillirent désagréablement. Ils refusèrent « Tamazight-nni » [cette amazighe-là]. Dès la première semaine, l’un de mes élèves leva la main sur moi. Il n’est pas jusqu’à mes collègues qui se moquaient de moi, me raillaient et me lançaient des offenses du genre : « Tu devrais enseigner pieds-nus ; tu devrais mettre ta robe de montagnarde, et, enseigner une cruche sur ton dos. » Entre autres humiliations quotidiennes… » Son courage aura gain cause.

Une autre enseignante, Karima Kada, nous fera la biographie de notre Grand Poète Lbachir Amellah. Tandis que Bouchama rendra hommage à un enseignant de langue amazighe, le défunt Madani Boukhezzar.
Opportunément, comme c’est bientôt son 34ième anniversaire, Hassina Chebine, nous rappellera une journée oubliée de notre Histoire : celle du 10 mars 1980, le jour de la conférence que devait donner l’incorruptible intellectuel, feu Mouloud Mammeri, sur le thème de la poésie kabyle ancienne et qui fut interdite par le pouvoir dictatorial anti langue amazighe. Une journée donc à ne plus oublier.

Ldjouher Chibane abordera, à juste raison, un sujet touchant : « L’amazighité ou la fraternité malade. »
Comme l’avait si bien dit, une poétesse, Fatiha Tazeghlacht, dans un poème publié dans le numéro 20, avec sa propre photo, « L’appel de tamazight, c’est également l’appel de la femme. » Une autre auteure affirmera, dans un article publié dans le numéro suivant : « Tamazight tedder di teqcict, taqcict tendtel di taddart » C’est-à-dire : la langue amazighe existe grâce à la fille, mais la fille est enterrée dans son village. D’où la motivation du présent hommage.
Justement, l’une de ses filles de nos villages, Myassa Nat-Ali, nous apprendra la politesse en amazigh, dans le numéro 34.
Comment oublier de ne pas citer Halima Aït-Ali Toudert, une analphabète de surcroît, qui produira un excellent recueil de poèmes : Adrar yedren (La montagne vivante).
Abc Amazigh comblera modestement et périodiquement ses pages, de poèmes et autres textes de plusieurs auteures, bourgeons de notre élite intellectuelle féminine en émergence : Ouiza Aït Gherbi, Nora Akrouf, Dalila Amarouch, Sonya Ammour, Nacera Arhab, Fazya Boukirat, Cherifa Diffelah, Malika Ghazli, Saliha Hadj Amer, Jedjiga Hayza, Linda Kessi, Fatiha Merabti, Fatiha Merrad, Jedjiga Rahmani, Samira Saadi, N. Tighziri. (phonéticienne, enseignante au département de langue amazighe de l’université de Tizi-Ouzou),…J’y ajoute quelques auteures dont leurs beaux ouvrages sous mes yeux: Nadia Djaber, « Uccen Areqman », Drifa Khalfa, « Timsaâraq, 400 devinettes kabyles », Farida Aït Ferroukh , « Cheikh Mohand, Le souffle fécond ».

Par contre, ce militant et dur travail d’écriture et d’édition, en général, n’est pas récompensé par un lectorat militant et suffisant. C’est même un échec quasi-total. Hélas, des millions de fois, hélas ! Mon expérience d’éditeur en fut une preuve flagrante.
Comment ne pas citer un autre fleuron de jeunes artistes féminines dont les jolis visages apparaissent sur la « une » du numéro 20 : la chorale Tarwa Iflissen n Melli, fondée par une association culturelle de Tadmaït. Invitées, par moi, à une cérémonie qui eut le 26/12/1998, à la Maison de la Presse Tahar Djaout, à Alger, ces jeunes artistes nous avaient chanté leurs belles chansons. Avec leurs voix angéliques, mélodieuses et radieuses elles portaient et transmettaient, aussi, la langue amazighe. Elles affirmaient, haut et fort, dans l’une de leurs chansons : « Yisnegh i tecbeh tefsut» [C’est grâce à nous que le printemps est beau]. La vérité sort de la bouche des enfants. C’est grâce aux filles et femmes que le printemps est beau !
Et c’est grâce aux filles, aux femmes – qui deviendront mères – que notre langue, dont elles sont gardiennes, existe toujours. C’est pour cette raison qu’elle s’appelle : langue maternelle. Universellement, comme toutes les langues d’origine et de naissance de tous les humains, dans le Monde.
C’est pourquoi, à l’occasion de cette Journée Internationale de la Femme, ce 8 mars, j’exprime respectueusement et chaleureusement mes hommages à toute la pléiade d’écrivaines, défuntes et vivantes. A toutes les dignes filles de Dihya, Tin-Hinan, Lalla Fadhma N’Soumer et autres Grandes Dames amazighes qui luttent pour leurs respects et leur égalité en droits entre hommes et femmes, dont la liberté d’expression de leur langue amazighe. Et, pareillement, à toutes les Dames qui luttent pour leurs droits, en Amazighie et dans le Monde.
Smaïl Medjeber

(Extraits des éditions originales de la revue Abc Amazigh et d’Abc Amazigh : une expérience éditoriale en Algérie, 1996/2001, volume 1 et 2.)

Hommage aux militantes et écrivaines  amazighesHommage aux militantes et écrivaines  amazighesHommage aux militantes et écrivaines  amazighes
Hommage aux militantes et écrivaines  amazighes
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>
Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog