Kabylie Djurdjura

Sur la route du lac Agulmim

7 Juillet 2011 , Rédigé par Med Tabèche Publié dans #Randonnées

 

 

 

         Le lac Agoulmime ou "Tamda u Gulmim" est situé à 1700 mètres d’altitude à l’ouest de la chaîne de montagne du Djurdjura. C'est au début des années soixante dix que j'ai entendu parler pour la première fois de ce lieu, j'étais fasciné par l'existence d'un lac en montagne, cette nouvelle avait alimenté ma curiosité et ma passion pour le Djurdjura. Je voulais m'y rendre à tous prix pour voir cette « bizarrerie, pour l’époque ». Il m'a fallu d'abord convaincre et regrouper une équipe d'aventureux comme moi, qui accepterait de marcher beaucoup en milieu inconnu, de dormir à la belle étoile et de manger des conserves pendant une semaine. Sans carte des lieux, ni connaissance ou expérience de la montagne, une seule direction à prendre, le Djurdjura. Peu importe le temps que ça prendra, je suis donc parti avec mes compagnons, pour une semaine, avec un matériel de fortune. Jusqu’à cette époque la montagne demeurait totalement mystérieuse, les seules informations que l’on avait, étaient plutôt des légendes, des histoires fantastiques et fascinantes à dissuader ou attiser d'avantage la curiosité et le penchant pour l’aventure. La montagne est réputée comme milieu dangereux et réservé "aux marginaux". Notre escapade n’était pas bien appréciée des adultes du village encore moins par nos parents, par crainte pour notre sécurité.   "Qu'allez vous faire en ce lieu hostile, que des pentes rocailleuses et des abîmes, il n'y a rien à voir, vous n’avez rien d’autre à faire, vous êtes fous ?" nous disait-on. Il est vrai, que jusqu’à ce jour encore, pour certaine population, le nom du Djurdjura évoque à la fois : la force, la puissance, le gigantisme, la beauté, la fertilité, ainsi que le mystère, le secret, la révolte, la vengeance, la mort.   

Le départ a lieu à trois heures du matin, la nuit de pleine lune pour mieux profiter de la lumière et de la fraîcheur de l'aurore. Une fois le dernier village limitrophe traversé on découvrait les nouveaux paysages de la montagne illuminés par les premiers rayons dorés de soleil. Nous nous sommes jamais autant éloigné à pied de notre village on avait l'impression d’être dans un autre monde, presque sur une autre planète, tout était nouveau pour nous, pour nos yeux, on perdait même les notions, de distance, de temps et les perspectives étaient faussées. Une halte s’imposait pour se reposer un peu, se préparer un café et laisser les yeux balayer le décor et s’habituer un peu.

Le tronçon de la nationale 33 de tizi Koulal à Tikjda était une piste carrossable ouverte en 1930, dans les années soixante dix c’est au bulldozer et la dynamite qu’on l’a élargie et goudronnée. A cette époque, les dégâts du napalm de la guerre sur foret des cèdres de Tikjda, étaient bien visibles, il faut dire qu’en, matière de destruction de l’environnement la situation ne s’est pas plus améliorée depuis.

De Tikjda on aboutit à "Tigzert" puis à Tizi b Ulma qui domine la vaste prairie d'Alma, il faut grimper une pente abrupte pour aboutir à Tizi n Tsenant, quelques kilomètres plus loin nous apparaît le lac Agulmim. Nous pensions y être en cinq minutes, finalement ça a duré presque une heure, ceci est du certainement à l’absence d’éléments et d’objets de grandeurs connues qui nous permettaient d’apprécier les distances.

     Une quarantaine d’années après, le 14 mai 2010, j’y suis retourné pour faire découvrir le lieu aux jeunes stagiaires de l’école de photo et de vidéo du studio 21, en escaladant la montagne par Aït Bouadou, arrivé sur les lieux on fut surpris par un méchant orage, avec de la grêle, un froid intense et un brouillard rendant l'atmosphère opaque, nous avons tout de même pris quelques images furtives.   

     Le 21 juin 2011 avec Mohamed Zentar et Sofiene mon tout dernier, j’ai tenté une approche par Tikjda, j’ai une fois de plus sous estimé le trajet, et surestimé mes capacités physiques. Dans l’ensemble, même si c’est assez éprouvant disant que c’est un bon exercice pour maintenir la forme et moins vieillir.

J’étais ravi de constater que la piste carrossable qui serpente de Tigzert au lac, construite pas l’armée française demeure impraticable, obstruée par les éléments de la nature, je souhaite qu’elle le reste. Dans les années 70 il y avait une grande colonie de singes magot du coté de Tizi n Tsenant et de nombreux aigles et de vautours tournoyaient au dessus de la plaine d’Alma, aujourd’hui plus un singe dans les environs et moins d’aigles et de vautours. Pendant des années ces animaux ont été perturbés par la présence et le bruit des machines qui construisaient une stupide route « qui désengorgerait Ait Bouadou en les reliant à Bouira via Tikjda », heureusement à l’abandon aujourd’hui.      

DSC04479la-tetee-du-magot.JPG

Dans mon précédant article j’ai parlé la digue artificielle, d’avant guerre qui augmenterait le niveau de lac Gulmim pour les pratiques des sports aquatiques en été. Or les gabions qui paraissent être plus récents, ne retiennent pas assez d’eau pour assurer un niveau convenable au lac.

Un arbre en fleur ou à fleurs, âgé d’une vingtaine d’années environ a poussé curieusement dans le lac dans la partie asséchée, du côté Ouest, au grand bonheur des animaux qui viennent s’y gratter, donc très résistant pour être ainsi malmené par ces bêtes sans parler du climat rude. Je ne connais pas l’espèce, si un spécialiste pense pouvoir la reconnaître je peux lui transmettre des images de meilleure qualité qui pourraient aider à son identification. Cet arbre n’est pas sans relation avec la merveilleuse rainette verte qui normalement est un animal arboricole, cela voudrait il dire que la région était jadis boisée, la présence de cet arbre pourrait en être la preuve.         

         La guerre de l’eau dans le monde est probablement proche, elle ne nous épargnera sans doute pas nous aussi, suivant les différentes escarmouches ça et là rapportées par la presse en ces débuts de période sèche. La capacité non négligeable du lac ne résoudra certes pas les problèmes de l’eau mais elle contribuera certainement à l’amélioration le débit des sources environnantes citées dans ce schéma du rôle hydrologique du lac Agulmim, selon une étude de Malek Abdesselam.

Schema Lac Goulmime 

       Mon souhait est qu’un jour, les techniciens du Parc National du Djurdjura, nous les amis de la nature et de l’environnement, la population des villages environnants, puissions faire un grand volontariat pour reconstituer et aménager ce lac d’altitude pour l’intérêt de la faune et de la flore et la beauté du lieu.     Le 21 juin 2011. Mohamed Tabèche.  


Lac Goulmine cp-Achard Excursion à Tizi-Koulmine 300p

Photo J.Achard d'une excursion au lac Agoumim en 1936. Remise par Gelambre  

 Lac-Goulmim-Hocine-Haroun.jpg

 Le lac Agoulmim           Peinture sur toile Hocine Haroun

 


 

 


 

 

Partager cet article

Commenter cet article

saci samir 17/09/2011



je te remercie infiniment a dda moh pr ce que vs faites  je me souvient les annees 90 tous les villageois de cette region ils monte les ete   pr organiser des tournois de
football............ anida ilan wussan-ni   porte toi bien dda moh



samir saci 19/09/2011



une tres bonne balade dans ce beau paysage qui est vraiment  adda moh  paradis sur terre  tamda u guelmim...la ou je me souvient des annees qu on as passer dans ce lieux sont
innoubliables  malheureux pr ns on as tous qu il faut mais les savent pas  



Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog